ⵙⵆⵔ

Le désert s’écoute puis s’oublie

Dans le nuage de poussière

Une huppe se pose au bout de l’erg

Au bout de la nuit

l’unique survivant d’une saison

Son coucou résonne la plaine

Trop glacée dans le silence

pour se faire voyageuse.

 

ⴰⵔⵘ

L’oued dans le quel ils vivent et meurent

Est pareil à un délabrement

Où ils ne dorent pas d’un sommeil serein

Sur les seuils de la nuit ils restent muets

Sachant que les promesses sont toutes dans l’air

Et toutes les soifs sont avenir

Humblement ils tendent leurs regard

Vers le ciel les étoiles attendant une clémence

Qui n’arrive jamais.

Le sable

toujours le sable renouvelle les traces

toujours le vent invite au pur effacement

mais la lune allume les courbes

et les ombres enlèvent les détailles

se toujours une montagne à la tête chauve

devant l’horizon et laisse son corps

là comme une cathédrale

toujours au retour un dernier regard.

A l’orient

Au nord de tout là où se souvient

l’aurore le cépuscule a dispersé le vent

des couchants au lévant des aurores boréales

Nous nous prosternons vers le silence

régnant par-delà les horizons

a l’heure du coucher au nord de tout

Où chaque mémoire lève les voiles.

La victoire

Puisque nous sommes mémoire

puisque nous sommes chevalier

Nous verrons au tournant De l’aube

s’offrir sans semblant les alouettes du jour

et la mer de sable et là chêne des horizons

accomplir la nuit au rythme des étoiles

toutes portes ouvertes aux alizés.

 

 

L’homme

l’homme marche le long des berges

la cigogne pêche

là-bas a l’horizon une caravane passe

un rien comme le vent se soulève de la plaine

puis le soleil se perd dans le brouillards

par-delà les cieux

plusieurs nuages tombent dans le levant .

ⵎⴾⵏ

Pétri dans l’argile de patience

La terre d’ici

Et le fil d’attente sentier sinueux

Mêlé de poussière de rocailles

Qu’humecte la bave des hyènes

Le sol gonflé toutes texture

Des conflits qui trainent

Le doigt accusateur se brûle

aux lampes solaire

A la boue cuite de nos coeurs.

 

ⴰⵣⵏⴰⵏ

Voici la prairie le jardin

de dieu à nous il s’offre

Si tu regarde voici les fleurs

les herbes les papillons

Si tu tends tes yeux

voici la beauté

Si tu écoute voici le parfum.

ⴰⴸⴶ

Nous sommes le point du départ

Chaque fois que la marche prend son pieds

Pour la première fois marche le temps

Nous sommes l’heure

En nous nait le jour

En nous la nuit avance et recule

Comme toujours le va et vient du temps.

ⴰⵙⴾⵏⵏ

Que de fois nous sommes loin

Loin dans les méandres de nos ténèbres

Le poids de ton souffle sur notre dos

Te cherchant toujours ailleurs

Nous trouvons ta moquerie à nos talons

Comme les râles de nos soucis.