ⵜⵏⴰ

Aux confins de la parole

les griots sèment le vent

Sur le toit du monde

Chacun est porteur d’une énigme

Le son aux bras de fées traverse l’espace

Dans le creux de l’oreille

Aux confins du regard chacun est égal à lui-même.

ⵙⵗⵜ

L’instant même où le fruit du ciel

Est mûr et en offrande à la terre

Chaque espace retrouve sa rondeur

L’été aux rayons Et l’horizon cueille les fleurs

Et les abeilles au miel de chaque étamine.

 

ⵜⵏⵏⵓⵏ

L’ombre éparse des acacias

Qu’un vol de sauterelles découvre

Et le jardin des sécheresses

Sans clôture sans sources

Et midi seul maître des lieux

Rétablit son règne.

ⴰⴵⵏⵏⵘ

Le vent est passé

Rides sur le sable

Le renard est passé traces sur la dune

La plaine sous son voile reste la même

Lorsque le midi revient à ce qu’il était hier

Les rayons glissent sur chaque surface.

 

ⴰⵜⵓⵉ

D’un oubli à un autre

Apre réalité toujours en suspens

Peur de lointains souvenirs

Condamné au pieds du mur

Des pailles éparpillées

En signe de l’instant

D’envol d’une chauve souri

Vers la plus profonde caverne

prison du monde

Qui attends un autre guide

Qui n’est pas la terreur.

ⴸⵜ ⴷⵎ

Avant-goût de la soif

Avant goût de la faim

Si  tu oses encore franchir

La rive du fleuve et le champ de blé

jusqu’aux plies du désir

Où gît le plaisir de chaque esprit

Comme les rides des coloquintes asséchés

Et les fissures des terres violées

Au bout du sentier brûlé

Désespoir et douleur enfin retrouvées.

ⴰⵎⵏ

Eau du sous-sol de nos larmes

Du sang par la terre brûlée

Espoir contre eau et sang

contre la soif

Jaillit la douleur des vignes de l’oubli

Eau et lait de nos mères en quel honneur

D’hommes libre et de terre labourée

Pacte d’alliance entre le hibou et le crocodile

Quelle foi nous manque

Chair à la braise terre aux blessures profondes

Nous signons l’arrêt de mort.

ⴾⵏⵏ ⵜⵏⵔⵢ

Parfois les absents sont là

Parce qu’ils vivent dans l’esprit

Parce qu’ils se souviennent de nous

Mêlant tristesse et joie

Parce qu’ils sont absent ils reviennent la nuit

Et toujours au regret ils manquent aux vivants

et puis le temps faisant son chemin

le vent emporte leur nom.

 

ⵜⵌⴷⵔⵜ

Chose plus pressente que le jour

Retroussant en nous la patience

D’un cri à la mort au silence de la tombe

Echos arraché d’une voix tremblante

Ou chaque attente un calvaire

Entre deux soubresauts.

ⴰⵎⵙ ⵏⵂⴺ

Pénétrer d’avantage

le coeur de la nuit

Au fond des nuages

Les brousses étalées

a vif les cigales

et les grillons qui s’éternisent

la nuit se veut seule

Dans sa propre marche.