ⴸⵉ

Attache des nuages et des tempêtes

Nous ne lâchons pas d’un pied

Sur ce que nous avons construit

Dans le creux des saisons

Aux coeur de la grande floraison

Les pousses garderont la mémoire

Repousseront les germes les roses

De la nostalgie principale.

ⵜⵔⵉⵜ ⴸⵗ ⵎⵏ

Quand la mémoire tracera la fissure

Dans la pierre la parole donnée

Le fruit du Balanite se rappellera

Nos souvenirs s’en souviendront la clef perdue

l’aube d’un millénaire à genoux

Un gémissement de l’intérieur déchirant les poumons

A l’heure où chacun cherche sa voie

En un régime de palmier suspendu

Un jour d’appel là-bas dans les limbes de la vie

Sans l’ombre d’ici que la notre la misère au museau du chameau

Pour prendre pieds dans la plaine est avenir demeure.

ⴾⵜⴸ ⵙⴾⵜ

Te rappelles -tu du tourbillon

Rotation d’ondes rondes de lune pleine

Désir des transhumances de vol au travers des tempêtes australes

jusqu’à cette plage désertique

Où le nomade s’échoue  grain parmi les grains

Désormais livré au silence aux marées de l’horizon

tel un enfant égaré pleurant à l’appel de sa mère

Mère première.

ⴰⴾⵙⴰ

A l’extrême du printemps

Nous parviendra encore un désir

Mêlé d’encens et de mimosa

L’écho du Ténéré ravivant l’onde principale

Ravivant le chant de victoire

Au creux de l’oued paisiblement à genoux.

ⵜⵌⴸⵔⵜ

Le souvenir en nous

Entre la nostalgie et le plaisir

La vie

Par où monte l’essence même

La sève du coeur

De l’origine du sang jusqu’à l’astre lui-même

jusqu’aux limites des frondaisons

Profondeurs de l’être

Pourtant floraison de prime conviction fruit d’un labeur

Entre le désir le silence qui côtoient la nuit

Toute plaine espoir et toute étoile lumière

Célébrant l’équilibre entre l’âme et l’esprit.

ⵙⴾⵜⴰ

Mais de nos oublis vous avez gardé couleur

Au coeur de la mémoire de la pensée évidée notre base

Nos jours recelant le serment de nos souvenirs

Séparer de nos pas échangent en nous leurs saisons

Ondes de mots passion à la verticale étoiles cristallines

gémissement lointain d’un orage à venir

Tout appel désormais

âmes meurtries réponse à jamais poussière

Eparpillé

Au coeur de la raison.

ⵂⵔ ⴱⴰ

Jusqu’à la fin

Vous serez témoins

Roches érigées par la mémoire nomade

Au bord de la plaine au coeur des oueds

Témoins de vaines gloires passées

des exils et massacres sans raison

Aux yeux du monde

Jusqu’à la fin

Jusqu’à la lisière de l’âme ou nul ne sera présent

Pour déchiffrer les pas emmêlés

le signe tatoué sur le sable.

ⵜⵙⵏⵏⵢ

Croyant tout dit

Et ne rien attendre

Accéder au silence suprême

par le chemin des voix lactées

T’ouvrira ainsi à toi même

A l’appel d’un chant cri de sirènes te brisant les oreilles sous un regard uni

Qu’effleure  seul un vent .

ⴸⵢ

Batir un royaume

Au prise de la vie de chacun

Sur les cailloux qui ont saigné leurs coeurs

Et les genoux de nos grand-mères

De l’illusion à la misère.