L’homme est la chose la plus belle et la plus
laide du monde
Beau par ses émotions son amour ses larmes
Vilain par sa cruauté et sa destruction.
L’homme est la chose la plus belle et la plus
laide du monde
Beau par ses émotions son amour ses larmes
Vilain par sa cruauté et sa destruction.
Celui qui dans son jardin cultive la rose
Dans son coeur n’a pas un seul jour sans le parfum
Soit qu’il le sent par son nez soit qu’il sent par son âme.
La nausée
Le monde m’étrangle par la souffrance
La maladie des âmes
La nausée est dans le fond de chaque mémoire
Une flèche qui déchire le bon sens.
Tous les déserts du monde ont le même qualificatif
Le manque d’eau
Et ont tous la même richesse
Le sable
Et le mirage les relie tous aux étoiles.
Je suis né libre avec les gravures marques de mon père
Sur la dalle
Mon regard est libre quand il se pose sur l’horizon bleu de mon désert
Ma chamelle nourricière est libre quand d’oued en oued elle cueille la branche
De l’acacia symbole de la paix
Je suis scandaleusement libre
Au Sahara quand ma cour est de mille kilomètres à la ronde
Je voudrais mourir libre et être enfoui dans une dune à l’orée des étoiles
Je suis libre quand le soir je chevauche la lune pleine
Je reste libre dans mon coeur et dans mon esprit
Même quand mon âme appelle le Ténéré.
Hier soir le désert m’a dit
Chaque être est dans son propre désert
Pourquoi disent-ils tous
le désert nous engloutit
Chacun son désert les uns le vivent sur l’océan
D’autres dans la jungle
Et moi prostré sur la dune je veille la nuit.
Le désert est ma patrie
Ma maison mon défi
Il me donne et me reprend mon silence ma vie
Il me confie sa nuit et je lui donne ma journée
Ma marche mon chemin
Il décore la dune et rallonge la plaine il boit ma soif et repose
Mon rêve chaque écho est sa voix
Chaque sentier est son dos
Et moi je suis sa mémoire.
A nous survivants
Témoigneras-tu
Tes râles ont bu nos lamentations
Sans couleurs toi vieux tronc
Onduleux aux feuilles de nostalgie
Ecorce rugueuse où s’emmêlent creux et fourmis
Donneras-tu de l’ombre à qui viendront
Toi acacia soucieux
Là encore debout.
Seule la lune reprend toutes les étoiles
Un seul chant libère tous les amours
Une seule beauté rompt le silence
L’aube à l’horizon
Nul patience n’est perdue nul espoir n’est vain.
De la vie mortelle
Que pourrais -tu craindre
Toi humain ayant survécu à la nuit
A la déflagration du tonnerre
Chute première de la vie
Que pourrais-tu craindre
Hormis ton propre mystère.