ⴰⴾⵙⴰ

Nous avons contourné le printemps la floraison

à ne plus mourir de confusion à laisser libre

Dévaler vers la plaine où l’horizon en chute de plumes

creux de silence reflet du nuage entre cime et feuillages

Nous sommes observateur du haut de notre regard

Et le mot est dit et tu renaîtras sur un autre sommet.

ⴰⵣⵎⵏ

Défiant le temps la pierre s’ajuste à l’impérissable

La nuit qui presse s’émiette contre ses propres horizons

Ancrée dans la résistance la pierre nous laisse à  nos rêves

A nous les restes les souvenirs

Les désirs des grains dans un monde assoiffé.

ⵜⵘⵊⴰ

Tronc couché parmi les herbes

Lion replié sous sa crinière de grand seigneur de la savane

son oeil de gardien à l’affût

son rôle n’est plus de verdure de quoi il ne rêve plus

son cri de fauve que parfois une gazelle entend.

ⵘⴱⴵ

Barque de Noé sauvé une fois des eaux

Antique montagne lien de notre fondation

Notre vouloir de demeurer

Ici et maintenant et à la lune tours et minarets

toujours plus haut

pour qui pourquoi où vont-elles

les âmes d’oiseaux et les ondes légères.

ⴰⵙⵂⵗ

Résonnent en nous les volets musicaux

En nous l’inapaisable souvenir

toute chose y chante sa langue maternelle

toute chose donne son nom ses mots à l’âme

Vibrent les violons musique des cordes

transparaît alors un ange là-bas dans les nuées

Dieu de passion d’amour et de pureté.

 

ⴰⴾⵙⴰ

Quand arrive le printemps

Nous nous laissons planer

au loin les abeilles les rivières qui tamponnent l’horizon

Et déchirent le ciel bleu

Les arbres restent immobiles pour être du matin

La rose le parfum et le chant du rossignol.

ⵙⵗⵜ

D’un instant a l’autre la tornade va passer

La bourrasque vente les arbres

La plaine est vide et pleine de silence

Une huppe rappelle les anciens en lisant les grimoires.

ⵜⵂⵙⵉ

Ivre de beauté terrestre

Le gardien du jour est passé

l’étranger lui venu de loin

Et des cumulus à nostalgie de silence

De la vallée des demandes

Assise comme en attente

A l’écoute de l’aigle siffleur là-bas sur les hauteurs.

 

ⴰⴱⴸⴰ

Le creux de la falaise

Un moment de repos des ondes telluriques

Matrice du plaisir qui brasse les rayons au matin

Qu’endort le couchant bientôt saignant

En vent de bonne augure.

ⵜⵏⵏⵣ

Lorsque arrive la neige

Nous nous laissons tremper par les flocons

Le soleil nous donnera sa vigueur

Par le plaisir et d’un jet de couleur blanche

nous traçons la ligne de conduite le chemin

Combien juste combien claire de la terre reconnaissante.