ⴰⵂⵏⵢ

Je regarde sans mot

dire les courbes des dunes sous l’éclat du soleil

Le désert est là et silencieux

et c’était vrais

j’ai toujours vécus au désert

On prend un moment sur une dune

on ne voit rien on entend rien

et cependant quelque chose se passe dans le silence au coeur d’une dune

la part du mystère du désert

un puits une oasis cachée quelque part comme un trésor enfui.

 

ⵙⵏⵏⴰⵏ

Qui donc ira porter la nouvelle au Sahara

de ses longues lignes tracées toutes parallèles au vent

Qui parlera du campement aux dunes au sable

Transparence de midi aux formes féminines qu’elles dessinent

Qui leur dira mon nom que je respire le parfum du désert

Que j’écoute les voix des chameliers poussant leurs montures devant eux

Au bruit du chemin qui à connu leurs ancêtres aux cailloux des ergs

Au bruit sourd et plat des pieds des marcheurs qu’a conduit Tombouctou à Marrakech.

 

ⴾⵏⵏⴰⴱⴸ

Table ronde à l’ancienne

Demeure lourde sans couloir de racines d’antan

et de vécu parfois de l’histoire

Le titre de sa maison un instant de mémoire

elle cède à un moment de doute de souvenir vivant

a la soif des retours un bijou à la cheville

au coeur des falaises trouvailles des enfants.

ⵣⴱⵓ

L’ébénier à l’invite du tronc noir

place à la blessure guérit par l’or du soleil

Autour d’une saison en vierge forêt

Au murmure ininterrompu des cigales

a la félicité d’une pluie à l’orée d’un bois sacré

polie pour le luisant des cérémonies.

ⵊⵔⵢ

Avant l’orage

Entre les manguiers la ceinture de l’été s’est retirée

Un couloir que le sirocco emprunte

Vient se loger dans le tronc millénaire

En sueur le parfum de la sève

Jaillit la saveur de la mangue rêvée

Et le vert feuillage défie le soleil.

 

ⵜⵏⵏⵓⵜ

A juste distance du sourire

Nous touchons la joie

Enchantement des fleurs

ensemble nous espérons

un jardin à l’ombre des acacias

hautes herbes et obliques rayons

Seul l’oiseau chante sa noce.

ⵙⵙⵎ

Tout le silence abonde en un son

Dans la pointe d’un jour fulgurant

Au coeur d’une plaine

Quelques traces d’innocents nuages épars

Tout le silence gonflé de souvenirs surgit des entrailles du rossignol

Léger comme le chant rond comme un regard étonné enchanté.