ⴰⵆⵎⵎ

Le souffle de l’harmattan

souffle les soucis

Les boeufs se tiennent la tête

et les brebis se noient dans le mirage

rien ne va plus les chameaux à l’assaut

des dunes et les jeunes restent paresseux.

ⴰⴹⴾⵔ

L’orage gonfle mes poumons

La rage déborde les lits des rivières

toutes les tempêtes se réunissent

dans mes entrailles

tout le sable des dunes est sur mon dos

je suis las et en colère.

ⵢⵙⴾⵜ

Se souvenir

avoir les yeux ouverts

Des souvenirs qui claquent le vent

de nos mémoires

se rappeler des jours des nuits

et surtout des époques

de grande joie qui ne sont plus

que des rêves.

 

ⵓⴶⴵ

L’entrée étouffé

Toutes les issus bouchées

Les gorges coupées les portes à l’envers

Les portails à l’abattoir

les poumons minés

des bombes dans toutes les directions

un grand cauchemar

pour les pays en guerre

un clavaire pour les populations.

ⵏⵏⵆⴷⴷ

La frontière commence

à l’endroit où ma liberté

prends pieds

de l’autre côté de mes désirs

là où l’herbe est grasse

Si vous vous souvenez le chameau

ne connait pas de frontière.

ⴰⴹⴾ

La couleur de la colère est rouge

noire suivant les coeurs

rarement blanche quand elle sort

de la bouche d’un sage

elle casse la montagne

pulverise la dune

et fait chanter les armes.