Le caillou n’a pas besoin de la montagne
Pour se sentir pierre.
Le caillou n’a pas besoin de la montagne
Pour se sentir pierre.
Résonne en nous le désert les plaines musicales
En nous l’insatiable ondulation concert des astres
Toute chose parle sa langue natale
Tout erg confie ses syllabes à ses habitants
Vibrent la cigale et la guêpe maçonne et siffle le vent
Transparaît alors le silence là tout vide s’étale
Dieu t’accueille dans son mystère.
La dune n’a pas besoin d’une plage
Pour être du sable.
Le désert n’a pas besoin de jouer
Des coudes pour avoir de la place.
Là-bas la terre affirme
Sa présence laborieuse et utile
Tantôt sûre tantôt nourricière
Selon la saison
L’homme reconnaissant parfois comblé
Se gardant de la maudire sachant qu’une tempête
Ou un tremblement de terre peut rendre jaloux son amour.
La solitude n’a pas besoin de calme
Pour être seule.
Un fumeur connait la couleur
De la fumée.
Nuit de désir confrontée
Nuit de soupirs abîmée
Nous crions ta victoire
Jusqu’à allumer les étoiles
A rompre enfin la nuit.
Le sel n’a pas besoin de poivre
Pour avoir un goût.
Une rose est belle avant même
Qu’on lui dise qu’elle belle.