Ne laisse ni tes mots
ni ton nom en ce lieu
Ni même la chaleur de ton esprit
Mais quelques traces écrites sur le sable
Afin qu’un jour le vent les transformera en cathédrale
Au rythme des transhumances
A ton silence o désert
et trace ton chemin.
Ne laisse ni tes mots
ni ton nom en ce lieu
Ni même la chaleur de ton esprit
Mais quelques traces écrites sur le sable
Afin qu’un jour le vent les transformera en cathédrale
Au rythme des transhumances
A ton silence o désert
et trace ton chemin.
Le soleil est là
d’où jaillit le souffle vivifiant
Sans qu’on tourne la roue
Autour de soi autour de la vie
Et droit aux racines les ondes et les rayons
Résonnant comme la vie
le soleil est là.
Le milieu de chaque chose
est le centre de son oeil
Là où
D’où viennent les tressaillements
de chaque souffle
de chaque marche.
Aux confins de la parole
les griots sèment le vent
Sur le toit du monde
Chacun est porteur d’une énigme
Le son aux bras de fées traverse l’espace
Dans le creux de l’oreille
Aux confins du regard chacun est égal à lui-même.
L’instant même où le fruit du ciel
Est mûr et en offrande à la terre
Chaque espace retrouve sa rondeur
L’été aux rayons Et l’horizon cueille les fleurs
Et les abeilles au miel de chaque étamine.
L’ombre éparse des acacias
Qu’un vol de sauterelles découvre
Et le jardin des sécheresses
Sans clôture sans sources
Et midi seul maître des lieux
Rétablit son règne.
Le vent est passé
Rides sur le sable
Le renard est passé traces sur la dune
La plaine sous son voile reste la même
Lorsque le midi revient à ce qu’il était hier
Les rayons glissent sur chaque surface.
D’un oubli à un autre
Apre réalité toujours en suspens
Peur de lointains souvenirs
Condamné au pieds du mur
Des pailles éparpillées
En signe de l’instant
D’envol d’une chauve souri
Vers la plus profonde caverne
prison du monde
Qui attends un autre guide
Qui n’est pas la terreur.
Avant-goût de la soif
Avant goût de la faim
Si tu oses encore franchir
La rive du fleuve et le champ de blé
jusqu’aux plies du désir
Où gît le plaisir de chaque esprit
Comme les rides des coloquintes asséchés
Et les fissures des terres violées
Au bout du sentier brûlé
Désespoir et douleur enfin retrouvées.
Eau du sous-sol de nos larmes
Du sang par la terre brûlée
Espoir contre eau et sang
contre la soif
Jaillit la douleur des vignes de l’oubli
Eau et lait de nos mères en quel honneur
D’hommes libre et de terre labourée
Pacte d’alliance entre le hibou et le crocodile
Quelle foi nous manque
Chair à la braise terre aux blessures profondes
Nous signons l’arrêt de mort.