ⵌⵏⵏⵉ

La route migratoire

Dans le désert chose facile toujours poussé par l’ailleurs

Mais une nouvelle migration a vu le jour

Non plus par caravane ni par transhumance

Mais par train d’enfer des bolides buvant la poussière par gorgées de mille kilomètres

des enfants des femmes et jeunes hommes

Tous fronts tendus comme des arcs et genoux en position de guerre

En vue toutes les dorures de l’Italie de l’Espagne et le final la France

En oubliant les points intermédiaires

L’Algérie sans beaucoup de tolérance la Libye où marchands de rêves se la coulent douce

Et le Maroc où on fait l’autruche et avant le Sahara a fait ses victimes.

ⵘⵔⵓ ⵏ ⴱⵂⵓ

La Méditerranée

J’entendais tes vagues claquer comme des bâches sur tes eaux bleues

J’ai vu au loin tes goélettes  toutes belles et

finement tracées  l’horizon

Et sur les côtes Libyennes j’ai vu des embarcations surchargées de désespérés

tous ceux là à qui l’espoir n’est pas permis

Ceux là dont la tombe est dans le fond par l’eau charriée

Tous sans voix ni visages qui n’ont pas droit à la part humaine

Ceux là que la misère pousse à la mort

Ceux là dont les os un jour seraient de l’archéologie pour des chercheurs qui

n’ont ni respect pour le corps  ni pour l’esprit des ancêtres

je leur donne ma voix.