ⵏⵎⴹⵊ

La révolte

La révolte s’indigne de la chèvre qui bêle

parce que l’herbe n’est plus grasse

La colère prend la patience au dépourvu et proteste le silence

Révolté la plaine longe l’oued

Et prend la poitrine de la dune

Et la tête de l’eau nage à l’envers.

ⵜⵙ

Dans les yeux ensanglantés de la terre

La douleur l’absence de tous les espoirs a la porte du néant

La mort la mesure entre vivre et mourir

Et les larmes d’un enfant que qui se meure

Même le silence est aux abois dans un monde sans avenir.

ⵏⵣⵘⵎ

La nuit

Un souvenir de cauchemars

Suspendu aux épaules de la lune en deuil

Et voilà encore qu’un espoir s’effondre

Dans sa très profonde douleur

La mort noire dans l’âme.

 

 

 

ⵜⵔⴸⴰ ⵜⴵⵏⵏ

Les diagonales

Je parlais de la nuit du deuil

Et toi derrière tes airs de prince

Tu pensais aux trésors  aux avoirs

je parlais de la lune égorgée

Et toi à l’ombre de ton palais

Tu pensais aux Houris du jardin des ballades

je parlais de la misère et de ses profondes souffrances

Et toi des paillettes et des diamants

Tu pensais pour mon bien.

ⵜⵎⵔⵉ

Je parlais du ciel

Et toi

Derrière tes paupières closes

Tu pensais aux astres

Je parlais de la pleine lune

Et toi

Sous ton voile

Tu pensais à la clarté du jour

Je parlais de l’éternelle nuit

Et toi

Avec les prismes de tes larmes

Tu pensais à mon bonheur.

 

ⵌⵏⵏⵉ

Qui donc ira porter la nouvelle au Sahara

De ses longues lignes tracées toutes parallèles au vent

Qui parlera du campement aux dunes au sable transparent

de midi aux formes féminines qu’elles dessinent

Qui leurs dira mon  nom que je respire le parfum du désert

Que j’écoute les voix des chameliers poussant leurs montures devant

Au bruit du chemin qui à connu leurs ancêtres aux cailloux des ergs

Au bruit sourd et plat des pieds des marcheurs qu’a conduit Tombouctou à Marrakech.

 

ⵏⵌⵘⵎ

A la tête de l’an

L’air retient son bras

Seul le vent bouge le nuage

Sur la frondaison du soleil quand le feu brûle le ciel

Quand l’oiseau se tait tiges et fleurs sont à l’unisson

Au plus haut du jour l’ombre oublie le soleil.

ⵜⵔⵓⵜ ⵏ ⵜⵂⵏⵏⵓⵏ

O amis je vous conte l’histoire de ma maison

cathédrale de mon esprit

Par la dune forme parfaite le long ruban des plaines

ont aplati

O oueds que le vent balaye sans interruption

La soif m’a appelé la faim m’a reveillé

Je suis harassé agacé par ce perpétuel laminage des faits quotidiens

La peur l’oubli le doute toujours dans mon sac à penser

Un puits tari une chamelle qui pleure un enfant souffrant

Je suis fatigué et j’ai honte de ne rien savoir faire.

ⵜⵎⵙⵜ

Par la voie lactée scintille la lune

Tous les mystères des cieux

Quand la lumière pousse les ombres de la nuit

Par l’éclat des rayons du soleil le jour caresse les horizons

s’éclairent les landes et par transposition

le jaune des blés couche sa robe sur la plaine

Du premier rayon est né le miel qui appelle l’abeille

Qui de chaque alvéole est emprisonné un diamant que Dieu lui

même à rendu sacré.